Un petit (un peu grand quand même) tour du côté de Millau et le Festival des Templiers

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En ce début d’automne, beaucoup de traileurs ont le regard porté sur Millau et le Festival des Templiers. Et pour cause. Du vendredi au dimanche, près de 15000 coureurs vont poser leurs semelles sur les sentiers des Causses. Des courses pour tout le monde et pour tous les goûts. Du Kinder-Trail de 1,5km pour les enfants à l’Endurance Trail et ses 100km pour 4900m+ pour les fous des sentiers.

Après mes blessures hivernales, une envie d’ultra s’est fait ressentir.

Et après avoir longtemps réfléchis, environ 1 minute et vingt-huit secondes, je me suis inscrit sur l’Endurance Trail en début de printemps.

J’ai abordé ma dernière course de préparation (la Ronde de Crussol) en n’étant pas affûté, mais malgré une lourde chute en début de course (entorse auriculaire et gros choc intérieur du pied gauche) et une erreur de parcours j’avais pu prendre la 3eme place en finissant frais. J’avais d’ailleurs rallongé à l’issue de la course afin de faire un peu plus de volume. Mais il me manquait encore un peu de vitesse. Et après quelques séances spécifiques les choses sont rentrées petit à petit dans l’ordre. Même si il faut l’avouer, entre le boulot, les enfants et la maison cela n’a pas été facile. Mais les dernières séances ont montrées de bons chronos que ce soit sur piste ou en pleine nature.

Bref, c’est en famille que nous rejoignons Millau jeudi dans l’après-midi afin de récupérer mon dossard. Puis direction St Léons où nous établirons nos quartiers pour le week-end. Une belle est grande bâtisse en pierre.

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La soirée sera consacrée à la préparation du matériel et la programmation des ravitos, le tout au coin de la cheminée.

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Vendredi à 2h45 : Le réveil sonne. Je n’ai pratiquement pas dormi de la nuit mais je ne ressens pas de fatigue. Après un petit déjeuner au lance pierre et une fois toute la troupe rassemblée nous filons sur Millau.

3h40 : Nous arrivons sur place et il faut bien l’avouer les non-initiés pourraient croire à un rassemblement sectaire ou une soirée un peu olé-olé vu l’accoutrement de certains, tout de lycra vêtu et de contention en veux-tu en voilà. Quoi ? En plus ils aiment se faire mal ? Il ne manquerait plus qu’une cagoule en latex et une balle en caoutchouc dans la bouche à l’image de la Crampe dans Pulp Fiction.
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Je laisse mon fan club et regagne la ligne de départ en trottinant.

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4h00 : J’arrive sur la ligne. Je me range en double file, en deuxième ligne, aux côtés des copains. Je retrouve Yann Nourry, Aurélien Collet, Arnaud Chartrain, Julien Jorro, Yannick Périllat et les 1344 autres coureurs. 21 nations représentées.

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4h10 : Ici ça sent la poudre, mais je m’en fou car j’ai appliqué mes peintures de guerre. La chaleur commence à monter et l’ambiance est folle. Mais bizarrement je suis décontracté et je repense un peu à tous ces moments, à tous ceux qui vont me suivre de près ou de loin aujourd’hui.

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4h15 : Après que la chanson emblématique des Templiers est retentie, Ameno de ERA, le départ nous est donné. La délivrance !

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La première partie jusqu’au pied de la montée de Carbassas se fait sur une allure qui me va bien. Nous sommes entre 16 et 17km/h, le peloton s’étire et se morcelle même. Je suis à l’avant et tout va bien. Les jambes déroulent plutôt bien mais la journée va être longue.

Au pied de la montée sur Carbassas Aurélien Collet commence à prendre l’allure à son compte suivi d’Arnaud Chartrain et Matthieu Brignon.

De mon côté je suis juste derrière avec un petit groupe composé de Emmanuel Ripoche, Julien Jorro, Yann Nourry et quelques autres coureurs.

Nous arrivons à Carbassas où mon crew m’attend pour m’encourager. A la sortie du village les frontales sont toutes feux allumés pour éclairer notre progression sur cette ascension.

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J’aborde la descente prudemment en laissant quelques mètres d’avance au groupe avec lequel je suis afin de pouvoir voir où je mets les pieds.
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Nous arrivons à Paulhe avant d’enjamber le Tarn et traverser Aguessac et Compeyre à vive allure.

IMG_20695h50 : C’est après 1h35’que j’arrive à Rivière sur Tarn (18km/785m+), lieu du premier ravito et premier contrôle. Je passe ici à la 10ème place. Ils sont toujours 3 à l’avant et nous sommes une petite dizaine en chasse patate.  Je rejoins mon stand pour refaire le plein avant de repartir.

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Nous plongeons sur Peyrelade et nous portons, Yann Nourry et moi-même, à l’avant du groupe afin de regagner ensuite Boyne. Nous en profitons pour discuter un peu et échanger sur les forces en présence dans notre groupe. Ca nous rappel un peu le temps où nous roulions ensemble à St Etienne.

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A la sortie de Boyne nous prenons à gauche et quittons la route pour commencer une belle ascension d’environ 600m+ vers l’Oppidum. Devant ils sont toujours 3. Cette ascension vous l’a mettez sur mon compte. Je prends donc la tête du groupe pour faire ma part du boulot. Sauf que les sensations sont bonnes et que du coup je m’emballe un peu. Si bien que le groupe s’étire et certains sont un peu dans le dure. Et moi je le paierai dans quelques kilomètres…

Dans la descente sur Mostuéjouls  je ne prends pas de risque. Puis peu de temps avant la fin de la descente, plus d’image. Ma frontale n’a presque plus de batterie. Heureusement j’avais pris un 2ème accu. Je ne m’affole pas et change cette foutue batterie pour ne pas prendre de risque.

7h30 : Mostuéjouls! 2 minutes d’arrêt m’ssieurs-dame.
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Nous avons avalés un peu plus de 30 bornes et 1640m+ en 3h16’ pour ma part. J’arrive au ravito et point de contrôle en 8ème position. La famille est là et me ravitaille. Je garde ma frontale même si le jour se lève. On ne sait jamais.

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Nous traversons Liaucous, un petit village charmant. Certains habitants nous encouragent en robe de chambre. On aurait presque envie de rentrer chez eux pour prendre le petit déj accompagné de viennoiserie de toute sorte.

Mais je dois décliner l’invitation. Devant moi une ascension d’environ 500m+ avec pour direction le Roc des Agudes. Le soleil se levant il se dresse devant mes yeux le premier tableau de la journée. Julien Jorro me revient dessus et nous échangeons quelques mots avant de la laisser partir en le regardant pousser sur ses bâtons.

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Je profite du moment et des paysages, le tout sans oublier de m’alimenter car la course est encore longue. La fin de l’ascension se fait en négociant quelques virages en épingle. Dès que le terrain me le permet je n’oublie pas de me remettre à courir. Ici il faut constamment relancer. Petit bémol, une douleur au niveau du psoas commence à me gêner et me provoque quelques douleurs lors des montées de genoux. La même douleur rencontrée il y a un mois lors du Trail de Crussol. Ce qui m’inquiète c’est qu’elle est située à l’endroit même d’une pubalgie.

Depuis un petit moment mon ventre fait des siennes également. Les quelques gels ingéraient depuis le départ et le petit déjeuné ne demande qu’à être expulsé si vous voyez ce que je veux dire.

Après 4h de course je suis obligé de me délester un bon coup au risque de crépir mon short et de voir débouler une nuée de mouches derrière moi en courant les sentiers.

Alors c’est sans gêne, non aucune, que je me range sur le bord du sentier qui doit faire à peine 40cm de large et que je présente « mon étoile de shérif » aux coureurs qui vont me reprendre. J’expulse donc ce joli arc en ciel, car il s’agit bien d’un arc en ciel, pendant que 2 coureurs passent à mes côtés en rigolant. Perso je ne vois pas pourquoi… Je range tout le bazar et abandonne donc ce petit coin qui avant ressemblait au paradis… Il faut dire que si les odeurs avaient des couleurs, on n’y verrait plus rien.

Nous traversons à nouveau le Tarn et arrivons au Rozier. Je croise Timéo avant de retrouver la famille pour le ravito.

8h40 : Je passe au ravito en 8ème position. Au compteur déjà 43km et 2250m+ en 4h25.

Les sensations sont bonnes et je reste décontracté. Les pleins se font rapidement grâce à mon équipe de choc.

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En repartant je suis en compagnie de 2 autres coureurs. Une nouvelle pente se présente devant nous et je mène la danse. Mais rapidement je me retrouve dans une résidence privée, au beau milieu d’un jardin accompagné d’un deuxième pied nickelé. Nous faisons demi-tour et reprenons le bon chemin.

De là nous regagnons des sentiers en balcons vraiment splendide avec vue sur le Vase de Sèvres et les gorges en contre bas. Le terrain est technique et il nous faut par moment y mettre les mains. Mon psoas me fait de plus en plus mal.
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Après un rapide passage dans le ravin de Cassagnes nous arrivons à 2 sur le Truel, un point d’eau.

IMG_20859h50 : Je sors donc ce qu’il me faut et complète mon bidon afin de repartir avec un chargeur plein après un peu plus de 5h30 d’effort et 50km pour 2650m+.

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La famille est là et c’est une surprise. Nous repartons en traversant la Jonte et un bénévole nous annonce que nous changeons par la même occasion de département. Nous quittons la Lozère pour retrouver l’Aveyron. Et nous changeons donc de région. Je lui demande s’il veut voir mon passeport et éclate de rire. Ne vous inquiétez pas je ne viens pas pour planter la tente.

Nous longeons donc la Jonte avant de reprendre de la hauteur. Le sentier serpente dans les bois et je commence à sentir un coup de moins bien arrivé. Il y a quelques minutes j’ai pris un gel mais les effets ne se font toujours pas sentir. Mon corps doit être en train de changer de substrat énergétique. C’est mon « premier mur », comme dirait les marathoniens, mais de la journée… Ici le coin regorge de vues splendides dans ce cirque de Madasse, sur le Causse Noir. Du coup le temps passe plus vite.

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J’essaye tout de même de relancer dès que la pente se fait moins raide pour avaler ces 600m+ le plus rapidement possible et refaire le plein au prochain ravito qui ne sera plus bien loin. Malgré ce petit coup de moins bien je suis désormais seul, mon compagnon ayant craqué.

Dès que j’arrive au sommet j’arrive à bien relancer et garde une bonne allure jusqu’au ravito. Nous doublons les coureurs de l’Intégrale des Causses partis eux à 7h ce matin. Et par moments je reçois leurs encouragements.

11h15 : L’heure de l’apéro… ou pas. Et pourtant je retrouve le fan club au ravito de St André de Vézines après 60km, 3260m+ et en 7h00. Je m’arrête donc pour remplir les poches tel un gamin dans un magasin de bonbons n’ayant pas un rond. Je discute un peu et me rends compte qui je suis moins décontracté. Je m’efforce donc à respirer calmement et profondément et essaye de relâcher les épaules avant de repartir. Mon père m’annonce toujours en 8ème position. J’en profite pour me mettre un Activ-Patch sur mon psoas droit.

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En partant je passe tout de même par la case « gueuleton ». J’ai beau truster la table je ne vois pas une bière ou autre Ricard. Du coup je rafle un verre de coca en espérant avoir une petite surprise avec une larme de rhum à l’intérieur. En vain. Puis je prends un morceau de pomme que je mangerais en courant en traversant le village.

De là c’est une longue portion très roulante d’environ 7km/470m-. Autant vous dire qu’il faut s’y atteler. Le soleil est là et la chaleur a montée d’un cran. Chose qui me va bien.

Je négocie quelques virages serrés et commence à croiser la route de quelques spectateurs. Je comprends donc que j’arrive sur la Roque St Marguerite où je vais trouver à nouveau un point d’eau. Je descends les escaliers au milieu de la foule venue pour l’occasion tout en regardant où je mets les pieds pour ne pas me retrouver les dents dans le goudron.

Après avoir traversé le village j’arrive sur le point d’eau. J’en profite pour remplir mon bidon, me rincer les mains et la figure avant de reprendre ma course folle en traversant à nouveau un pont surplombant cette fois la Dourbie.

La nouvelle ascension qui se présente sous mes semelles finie d’entamer mes réserves. Pourtant le début ne se passe pas trop mal, mais après une dizaine de minutes plus de son et plus d’image… Je me fais violence pour garder une bonne allure mais rien n’y fait. Un coureur en profite pour me reprendre et je ne peux rien y faire. J’essaye donc de ne pas trop m’affoler.

Après 330m+ le profil redevient presque horizontal mais les jambes me font souffrir. Je suis dans le dur. Les relances sont moins efficaces et le moral en prend un coup. Mais mes douleurs au psoas ont disparues depuis l’application du patch. C’est déjà ça.

12h30 : Pendant que certains sont bien attablés devant une belle assiette garnie de je ne sais quoi, tous ce qui se présente à moi pour mon ravito à Pierrefiche sont des gels et un morceau de banane après 71km et 3630m+ en 8h15. Je suis donc passé à la 10ème place et je pense que d’autres coureurs vont revenir de l’arrière. Je prends quand même un petit moment pour souffler un bon coup mais décide rapidement de ne pas m’attarder plus longtemps ici. Je demande à mon père comment est le profil qui va se présenter devant moi. On m’annonce un profil descendant jusqu’au prochain ravito.

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Du coup je me laisse glisser dans ce faux plat descendant en reprenant quelques coureurs de l’Intégrale. Au loin j’entends des coups de klaxons et en scrutant l’horizon j’aperçois la « voiture assistance ».

Mais au bout de 10’, surprise ! 150m+ s’offre à moi… Mais ensuite viendra une longue partie descendante d’environ 300m-. Les jambes sont dures mais j’arrive à garder une bonne allure. Je suis de nouveau accompagné et essaye de suivre mon compagnon d’infortune. Le terrain n’est pas très technique mais composé de multiples relances et virages serrés sur un sentier en dévers de 50cm de large. Par moments nous progressons sur une corniche avec une vue à couper le souffle sur le Causse Noir, les gypaètes, les vautours, les gorges de la Dourbie et le pont de Millau.

J’essaye de bien m’alimenter et décide de ne pas trop taper dedans car je sais que la montée vers le Cade en fin de parcours pourrait être décisive. Quitte à perdre un peu de temps ici.

Puis, surprise. De loin je crois apercevoir la panthère rose. Non je n’ai pas mangé de psylo, c’est délicieux petits champignons hallucinogènes, je tiens à le préciser. Il s’agit bien de Richard, dit la panthère rose car tout de rose vêtu. Dit aussi Ricardo, l’ami de l’apéro. Il était aligné sur l’Intégrale des Causses. Je le salut très (trop) rapidement mais je ne veux pas perdre trop de temps.

Je continus alors ma route quand, lors d’un appui dans la terre humide, je m’étale comme une grosse merde. Mon genoux gauche tape un caillou et en me crispant je prends une crampe au niveau du quadriceps droit. Je me relève comme un petit vieux et vois un nouveau coureur me passer. Je suis plein de terre alors je décide de faire un brin de toilette histoire de… On ne sait jamais si je dois venir en aide à une coureuse de qualité. N’est-ce pas Antho ?

Je repars donc, mais les jambes sont vraiment dures. Et bizarrement je reviens quand même sur un traileurs.

La fin de la descente vers Massebiau est raide et j’assure mon allure pour garder des guiboles. Mes quadris crient amen sur cette descente mêlant cailloux, rochers et marches de près de 80cm de haut.

14h45 : Massebiau justement. C’est après presque 90km et 4280m+ que j’arrive sur ce nouveau point de contrôle. Les spectateurs sont bien là car ici il peu se jouer une grosse part du gâteau. Le moment que j’attendais. Nous sommes au pied de la fameuse montée du Cade. Je file donc vers le point d’eau pour faire le plein de mon bidon car ça fait plusieurs kilomètres que je suis à sec. Je me rince un peu pour me rafraîchir et me lance à corps perdu dans cette montée mythique des Templiers.
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En sortant du PC je pointe à la 9ème place, juste derrière Julien Jorro qui est à plus de 6’ devant. Les encouragements fusent de tous les côtés et reçois même des tapes amicales dans le dos comme encouragements. Ca fait vraiment chaud au cœur. J’en ai même des frissons. On me dit que le Top10 est assuré. Je leur réponds que la course n’est pas finie. Je m’efforce de respirer profondément et de me relâcher avant de partir à l’assaut.
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J’essaye de trottiner avant de découvrir une rampe de lancement pour Ariane 6. Du coup j’adopte la marche en appuyant sur mes jambons à l’aide des mains. Mais parfois il me faudra enlever mes mains des genoux pour faciliter ma route et escalader de petits blocs rocheux à travers les buis. J’arrive même à reprendre un petit trot lors des parties moins pentues.

Après 3,5km/500m+ j’arrive sur une partie plus plate au milieu de la forêt où je relance encore et encore. Nous devons bientôt arrivé à la ferme du Cade, prochain ravito.

15h30 : J’aperçois le toit de la ferme du Cade. De loin je vois également Timéo qui va faire les derniers mètres avec moi jusqu’au ravito. Je m’arrête prendre un bidon et de quoi terminer cette course dans les meilleurs conditions. Je suis toujours 9ème mais on me dit qu’un coureur est juste devant et que d’autres n’ont pas l’air au mieux.

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IMG_2109Alors dès la sortie du ravito j’accélère un peu l’allure car les jambes répondent plutôt bien bizarrement et je passe Matthieu Craff. Je serai bien con de ne pas profiter de ce regain d’énergie.

Dans le ciel de drôles d’oiseaux me suivent et me filment.

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Rapidement j’ai dans le viseur Damien Douvry. Je le reprends sur les parties roulantes entre le Cade et le Pouncho d’Agast. Je lui lance quelques encouragements et lui dit de rester au contact. Mais je l’entends souffler et pense qu’il ne tiendra pas très longtemps si je reste sur cette allure.

Nous arrivons dans l’avant dernier talus menant au Poncho d’Agast. Les parapentes s’en donnent à cœur joie au-dessus de nos têtes comme pour nous narguer. Je dis à mon compère que nous allons bientôt en finir et qu’il ne reste qu’une grosse descente.IMG_2117

Dès le début de la descente je m’engage dedans avec plaisir. Une descente en deux parties. Bien raide et tortueuse au beau milieu des arbres. Avant la fin de la première partie j’aperçois au loin Mickael Jung. Du coup je me sens un peu comme le surfeur d’argent dans les 4 Fantastiques. Si bien que Damien devra me laissé partir. Après une petite remontée en dévers, j’arrive à la fameuse grotte du Hibou. Je l’avais oublié celle-là. A l’entrée on n’y voit absolument rien. Du coup c’est à tâtons que j’avance en espérant ne pas tomber sur le fessier velu d’un coureur me précédant.

A la sortie j’entends un gros « aller Alex !!!!». Il s’agit de mon pote Cyrille Quintard avec qui j’ai pu faire un bien sympathique shooting photo au-dessus de l’Alpe du Grand Serre, verre le lac Fourchu (je vous mettrai les photos d’ici pas longtemps pour vous faire découvrir son travail). Il est venu ici pour faire, de nouveau, des photos.

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Je ne m’attarde pas car j’ai un coureur à reprendre. Peu de temps après je reviens donc sur Mickael. Il nous reste environ 1,5km alors je lui propose de finir la course ensemble. Pour moi ça ne change rien, au contraire même. C’est tellement plus sympa de finir à deux.

Nous entamons donc la dernière partie de ce parcours éprouvant par une section roulante.

Au loin j’entends la sono. Nous discutons ensemble tout en faisant attention de ne pas se blesser dans les derniers cailloux avant l’arrivée.

Nous descendons les marches. Les spectateurs sont là. La sono annonce l’arrivée de Julien Jorro. Finalement nous n’étions pas loin du Top5. Je vois Timéo et lui dis de se joindre à nous pour partager cette arrivée.

Nous montons les dernières marches et se présente devant nous la dernière ligne droite avec l’arche d’arrivée en toile de fond. Je prends la main de Mickael d’un côté et celle de Timéo de l’autre afin de franchir cette ligne ensemble. Heureux d’en finir d’un côté, mais de l’autre j’aurais bien continué tant la journée a été magique.

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C’est donc après 11h53’59’’ et avec un compteur bloqué à près de 100 bornes pour 4890m+ (alors qu’il était annoncé 4600m+) que je franchis donc cette arrivée et bien accompagné. Le tout en prenant une très belle 6ème place commune avec Mickael.

Après avoir franchis l’arrivée je retrouve Yann (Team Trace de Trail) qui lui aura pris une superbe 3ème place derrière Aurélien Collet (Team Hoka One One) et Arnaud Chartrain. Nous discutons entre nous avant de prendre le micro pour donner mon ressenti sur la course.

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Ensuite je rejoindrais la famille qui m’aura été précieuse pour la gestion des ravitos. Et puis ça fait toujours du bien de retrouver ses proches ou amis sur les points clé de ce style de course. Vous vous sentez moins seul.

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Pour une première sur ce style de format je dois dire que malgré quelques moments durs j’ai pris beaucoup de plaisir. Je garde pleins de souvenirs en tête. Et j’ai aussi énormément appris.

Certains m’avaient annoncés quelques temps avant l’événement que c’était le profil de course qui me convenait le mieux. Et après avoir essuyé mes semelles sur pas mal de courses différentes depuis mes débuts je dois dire que je suis plutôt d’accord avec eux. Mais j’aime toucher à tous les profils.

Bref, après être passé à côté de mon Ice Trail Tarentaise en juillet dernier, me voilà amplement satisfait de ma course.

Maintenant que les jambes se portent bien, je réfléchis déjà à la suite des événements pour 2016, même si le planning est pratiquement bouclé. Il y a tellement de courses qui me font de l’œil que le choix n’est pas forcément simple. Et si vous mélangez tout cela avec l’idée de voyager en même temps…

Mais avant il y aura un petit tour du côté de la SaintéLyon le premier week-end de décembre.

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Pour finir je souhaite remercier tous ceux qui m’ont suivis de prêt ou de loin (sur le terrain, sur le Live Trail, sur Kikourou, …), la famille toujours partante pour donner un coup de main et partager ces moments, les copains qui permettent de relativiser les choses à grandes doses d’apéro ou de Reblochonnade comme quelques jours avant le grand rendez-vous…

Un grand merci également à Terre de Running et à Greg pour leur soutient.

Et merci à mes Hoka One One Speedgoat pour m’avoir apportées un peu de confort dans ce monde de brutes. Malgré le petit doigt de pied droit à vif… (bientôt mon ressenti sur ce modèle ainsi que les Clifton2, ici même)

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10 réactions sur “Un petit (un peu grand quand même) tour du côté de Millau et le Festival des Templiers

  1. Bravo Alex, tu as fait aussi une belle course, et tu as une belle marge de progression… Ça fait depuis 2008 que je « trail » alors j’ai un peu d’avance sur toi 😉 !

    Bonne Saintélyon alors, tu as le fond et aussi la vitesse donc tout pour t’y faire plaisir. Ne pas trop en faire pendant les 5 semaines restantes …

    a+

  2. Félicitation pour ta course, et superbes photos de Cyrille! j’attend avec impatience ton retour d’expérience sur tes hoka speedgoat (et les hoka d’une manière générale) car j’envisage de passer de ce coté de la force (solution pour problème musculo / articulaire?)

    A+

    gael, présent à crussol et sur les templiers.

    • Merci.
      Je n’ai pas encore eu le temps de faire mon retour d’expérience sur les Hoka. Mais ça ne devrait plus tarder.
      C’est bien toi avec qui j’ai discuté au départ de Crussol?
      Bien passé pour toi Crussol? Et les Templiers, tu était sur quelle course? Bien passé?

      • Ouai c’était bien moi au départ de la ronde.
        Cela c’était bien passé, sans trop se faire mal mais grosse erreur d’aiguillage …
        J’étais sur la grande course des templiers!! nickel pendant 50km puis problème au genou donc j’ai fait les 26km restant en marchant… au moins j’ai pu apprécier le paysage!

        bonne continuation

  3. Bravo Alex, très belle perf !
    Un format de course qui te convient bien à ce que je lis 😉 J’ai hâte de lire ton programme pour 2016.
    Chapeau également à l’assistance!
    A+

    • Merci Will.
      Oui un format et un profil que j’affectionne même si j’adore les parcours montagneux. Mais ce n’est pas là où je suis le plus performant apparemment. Mais il faut savoir se faire plaisir.
      Oui l’assistance était aux petits oignons.
      😉

  4. Pingback: On tourne la page sur 2015! | naturellement-trail.com

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