Aravis Trail: bienvenue en Haute-Savoie!

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Le voilà, avec pas mal de retard, mon CR de l’Aravis Trail cuvée 2016. Ne m’en voulez pas, j’ai fais ce que j’ai pu pour le sortir.

Nous voilà fin juin, déjà !

Et même si la météo du moment nous fait plus penser à l’automne qu’à l’été, il est temps de poser notre regard et nos semelles vers la montagne. Et ce n’est pas pour me déplaire.

Nous sommes le 24 juin et demain je remets les épingles sur l’Aravis Trail. Au programme 67km et 4700m+ sur des sentiers techniques et raides autant en montée qu’en descente.

En début de saison j’avais opté pour le Tour des Glaciers de la Vanoise sur le parcours de 73km et 3800m+. J’ai finalement changé d’avis afin d’engranger un peu plus de D+ en course et travailler sur du technique avec un dossard (un peu mon point faible). Et puis pour ne rien cacher j’avais l’opportunité d’avoir un chalet avec jacuzzi pour l’occasion au frais de la princesse.

J’arrive donc sur Thônes le 24 en fin d’après-midi afin de récupérer mon sésame. Puis cap sur St Jean de Sixt pour prendre mes quartiers.

 

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Le lendemain le réveil est un peu brutal. Il est 2h30 du mat’. J’ai un peu de mal à me mettre à table.

Dans la nuit les orages ont illuminés le ciel et le sol est encore bien mouillé.

3h40 : j’arrive sur place, à Thônes, juste à temps pour la revue du matériel obligatoire et le briefing d’avant course.

3h55 : Nous nous positionnons sur la ligne de départ et d’un rapide coup d’œil j’aperçois quelques bons coureurs. Le ciel est bien chargé et j’espère qu’il ne nous tombera pas sur la tête. Je suis paisible, sans pression. La pression ce sera ce soir dans mon verre. Dans ma tête je pars pour une longue balade.

 

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4h00 : Le départ est donné et il est tout aussi brutal que mon réveil… Nous traversons les paisibles ruelles encore endormies. Les jambes n’ont pas l’air trop mal mais j’ai du mal à trouver ma respiration et le cœur a du mal à monter dans les tours.

Sur cette partie plate je reste au contact du groupe de tête mais dès que le chemin se présente devant nous et que les pourcentages s’élèvent je suis obligé de laisser partir.

Je n’ai pas visualisé le nombre de coureurs devant moi mais j’ai l’impression qu’ils doivent être 7 ou 8. Je me situe donc dans le Top10.

J’alterne marche et course sur ces parties raides. Je n’arrive pas à reprendre mon souffle et je prends donc mon mal en patience. Malgré cela j’ai l’impression de revenir sur certains coureurs.

Au bout de quelques minutes j’aperçois devant moi Arnaud Lejeune du Team Hoka One One et Nahuel Passerat du Team Craft/Salming. Ils sont accompagnés de quelques coureurs. Mais je n’arrive pas à combler le trou.

Je ne m’affole pas et fais ma course. Le cœur ne monte toujours pas et reste sur le cap d’une bonne ballade sportive en montagne.

Puis voilà qu’un invité fait son apparition : l’orage ! Nous prenons une bonne radée un peu avant 5h du matin et ce pendant près d’une 1h. Le tonnerre se fait entendre et le brouillard vient également jouer les troubles fête… Nous ne voyons plus rien au-dessus de 4-5m.  Je suis avec un autre coureur qui s’est calé derrière moi. Et même à deux nous ratons certains balisages. Sur le moment je me dis que la course va être neutralisée. L’orage gronde et le brouillard a fortement diminué la visibilité. Je suis trempé et étant à environ 1500m d’altitude sur le moment, je commence à ne pas avoir chaud.

Après environ 1h20 nous arrivons au sommet de la montagne de Vaunessin après un peu moins de 10km et un peu plus de 1100m+. Toute l’ascension a été humide avec des appuis fuyants lors des relances en sous-bois.

Nous attaquons une courte et rapide descente avant de reprendre un peu d’altitude.

5h55 : J’arrive au premier pointage toujours en compagnie d’un coureur qui me suit comme mon ombre. 16km et 1370m+ ont déjà étés avalés. Je prends le temps de remplir mes bidons même s’ils ne sont pas vides. En contre bas nous apercevons La Clusaz par moment. Je ne m’attarde pas au ravito et après une courte montée je m’élance dans une descente parfois bien humide. Je croise la route de quelques spectateurs bien courageux.

La descente qui nous mène jusqu’à la Gutary coupe à travers des prairies. Et avec la pluie qui s’est arrêtée de tombée j’ai plus l’impression de faire du ski qu’autre chose.

Arrivé en bas…il faut remonter. Ici le plat n’a pas trop sa place. Devant moi une première partie d’ascension de 4,5km pour un peu plus de 800m+. Bien sympathique je dois dire avec ses lacets. Le coureur qui me suivait et juste derrière moi. J’espère qu’il me reviendra dessus pour pouvoir discuter un peu et faire connaissance.

J’ai opté pour les bâtons et je dois dire que même sans sortie spécifique avec eux je suis plutôt fluide dans le placement. Le ski de fond y est peut-être pour quelque chose aussi.

Le début se fait en sous-bois avant de laisser place à un décor de carte postale. De plus les nuages se sont dissipés et la vue est totalement dégagée. Si bien que je me suis senti obligé de sortir le téléphone pour prendre des photos. Un vrai touriste !

 

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Sur le haut de cette première partie je crois reconnaitre de loin Cécile Lefèvre du Team Trace de Trail partie elle sur le parcours de 44km et 3000m+. Et effectivement je ne m’étais pas trompé. Du coup au sommet, au ravito, nous échangeons quelques mots. Un peu rapide à mon goût mais même si j’ai pris le départ la tête libre, je ne suis pas là pour acheter un bout de terrain.

 

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Au ravito je refais le plein de mes flasks et j’en profite pour manger un petit bout. Reviens sur moi toujours le même coureur.

Nous retrouvons une petite descente mais technique. Les coureurs du 44km que nous doublons me ralentissent. J’ai beau demandé de serrer un poil pour me faciliter le passage personne ne le fera. Le sentier est trop étroit pour doubler. Et la moindre chute ici pourrait avoir de lourds dégâts en voyant la pente en contre bas.

J’arrive finalement à doubler dans un pierrier. De là un coureur du 44km se sent pousser des ailes et décide d’augmenter l’allure. Je laisse partir 1’. Avant de le voir exploser en plein vol.

Nous attaquons la partie finale de l’ascension. La vue est magnifique. J’en prends plein les mirettes et je profite au max de ce moment. Les sensations sont bonnes, je monte bien, le piquet d’bâton m’ssieur Duss !

 

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8h45 : Je suis au sommet de Porthets . Après 4h45’ de course et 35km pour 3000m+. Au sommet les bénévoles m’annoncent alors 3ème. Sur le coup je me dis qu’ils ont dû se planter. De toutes façons ça ne change pas grand-chose. Je fais ma course. Les sensations sont bonnes et je prends mon pied grâce à ces paysages magnifiques. Et là est le principal !

Une petite descente s’offre à nous avant de finir cette belle ascension. Nous sommes sur la neige et la pente ne va rien arranger. Certains glissent sur les fesses en mode « luge » alors que moi je prends l’option debout en mode « skis »…mais sans skis.

La pente se redresse à nouveau et je reviens sur un petit groupe de coureur du 44km. Mais de nouveau je ne peux pas passer. Le chemin taillé dans la neige/glace pour l’occasion est étroit. Si je passe par la gauche ou la droite je risque la chute. J’ai beau demandé gentiment une permission de sortie, elle m’est refusée sur le champ…

 

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Une fois sortie de cette plaque de neige la pente est tellement raide que beaucoup s’arrêtent en plein milieu du sentier. Alors je choisis le dré dans l’pentu non de Dieux ! Celui qui vous fait pousser des poils partout. Enfin, c’est une image bien sûr.

On m’a dit de pousser autant que j’étais bête alors autant vous dire que j’ai poussé très fort sur les bâtons pour arriver au sommet.

En haut la vue est toujours aussi belle. Je m’élance dans la descente de 5km et presque 900m-. Autant dire que certains passages sont raides. Les cailloux et la roche sont bien présents. Mais malgré tout je retrouve un peu de boue. Du coup je me prendrais 2 belles gamelles dont une où je finirais en string juste devant 2 jeunes traileuses du 44km. Après avoir reçu quelques compliments à propos de mon fessier de ces 2 charmantes jeunes filles, je repars bille en tête.

Pour le moment tout se passe pour le mieux malgré un début de course où les sensations n’étaient pas bonnes. Je n’ai pas eu de coups de mou et je continus de m’alimenter. J’ai changé de protocole d’alimentation et aujourd’hui c’était mon premier test. Et pour le moment tout va bien.

La descente est rapide et je commence à sentir un truc qui déconne dans mes sabots.

Pour l’occasion j’ai chaussé les Salomon Wings SLab dans la version semelle classique. Au passage se sont de vraies tueries. J’adore ! Mais je sens que mes semelles à l’intérieur commencent à se plier et à glisser… Et il me reste plus de 25 bornes. C’était également la première fois que je testé le maillot WAA Ultra Carrier Shirt. J’y reviendrai plus précisément d’ici peu.

A ce stade du parcours, les descentes commencent à vraiment glisser par endroits.

9h20 : Me voilà dans l’ascension menant au sommet de la montagne de Sulens. Après avoir refait le plein une fois de plus je m’élance dans cette énième ascension. Le début se fait sur un petit trop et je rattrape quelques coureurs du 44km. Puis je prends la bifurcation sur la droite alors que le parcours de 44km part sur la gauche. Dès que la vue en contre bas le permet j’essaye de faire un petit pointage avec le 4ème. Mais je ne vois personne.

J’alterne toujours petit trop et marche rapide en fonction de l’état du sentier et de la pente. Je ressens un petit coup de mou arrivé. Et oui, j’en ai presque oublié de m’alimenter en regardant les paysages. Du coup je m’enfile un peu de sucre.

Après une petite descente roulante j’attaque la dernière partie de l’ascension. Une montée bien sèche en zigzag. Pour donner un ordre d’idée depuis le bas au sommet nous avons 6km pour 720m+ et 160m-. Et pour couronner le tout le temps s’est dégradé. La pluie recommence à tomber et le brouillard refait son apparition. Derrière moi je ne vois personne et devant non plus.

10h30 : je suis au 3ème point de contrôle, à Burget. Au compteur déjà 47km et 3800m+. On me confirme que je suis bien 3ème.

Le début de la descente et bien raide. Nous coupons une sorte de prairies et le mélange boue/humidité/pente est explosif. J’ai bien dû finir 2 ou 3 fois sur le cul.

Par moment j’ai de la boue presque à mi-mollet. Mais il parait que c’est bon pour la peau…

11h25 : Après 7km et 1000m- j’arrive à Chinaille. Cette fois mes semelles sont en boules au niveau des orteils. Je m’arrête au ravito et je tape un peu la discute avec des bénévoles. Je remplis mes flasks, mange 2 ou 3 bricoles que je trouve sur la table et décide de repartir. Le public est bien présent et l’ambiance fait chaud au cœur. J’ai toujours été bien reçu sur les ravitos de mes courses en Haute-Savoie. Ca il faut bien le reconnaitre.

La fin de parcours est ponctuée de 2 « petites » bosses. Je commence la première sur un petit trot. Tout va bien et les jambes tournent plutôt bien. Je reprends pas mal de coureurs du 44km et du 25km.

Sur cette fin de course il faut constamment relancer. Et j’ai à nouveau un petit début de coup de mou. Je sors rapidement un petit morceau à grignoter histoire de pouvoir finir correctement cette belle ballade.

Par moment je reçois les encouragements des coureurs doublés.

Après une petite descente bien glissante je commence le dernier talus. Je pousse sur les bâtons afin de faciliter ma progression. Le cœur monte bien et malgré 2 débuts de petites hypo je n’ai pas subi.

Je sais que je suis sur la fin de course et que d’en moins d’une heure je serai en train de boire une bonne bière.

12h00 : je suis au sommet de la dernière difficulté de cet Aravis Trail. J’ai avalé 60km et un peu plus de 4500m+. Dans cette dernière descente bien boueuse par endroits je me fais la remarque que les jambes se comportent plutôt bien. Si bien que j’accélère un peu l’allure.

La fin de la descente se fait sur une route avant de reprendre un petit chemin en bordure de rivière. Je relance bien dès qu’il le faut, signe qu’il me reste du jus.

Sur le dernier bout de plat je décide de savourer cette fin de course. Du coup je déroule jusqu’à l’arrivée en croisant les spectateurs venus nous applaudir.

12h30 : J’arrive pile pour l’apéro après 8h27’50’’ pour boucler ces 67km et 4700m+.

Devant, Arnaud Lejeune et Nahuel Passerat se sont partagé la victoire.

A l’arrivée je ressens encore un peu de fraîcheur. Ce qui me laisse penser que j’aurai pu gagner un peu de temps. De même que je dois travailler un peu plus les descentes. Même si avec des Wings SLab Softground j’aurai certainement moins glissé. Mais avec des « si »…

Autre points positifs, ma gestion de l’alimentation et de l’effort qui font que j’ai pu profiter de ma course pleinement ainsi que des paysages.

 

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Encore un grand merci à tous les bénévoles qui étaient en nombre sur les sentiers et les routes de ce trail magnifique.

Encore une bonne équipe d’organisateurs. Une course à refaire sans doute tant l’équipe est sympathique et le parcours somptueux.

Après une petite coupure de quelques jours il était temps de se remettre au boulot et de partir profiter de nos belles montagnes.

Bientôt un petit billet avec photos de quelques sorties.

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