SaintéLyon 2016: quand ça veut pas…

 

La fin de saison approche à grand pas lorsque la SaintéLyon fait parler d’elle.

De quoi se mettre encore 2 ou 3 coups de pieds au cul avant de mettre les baskets au placard quelques temps et ensuite ressortir les skis.

Après la CCC au mois d’août je comptais bien me racheter sur la nocturne reliant St Etienne à Lyon. Le début de prépa se déroule plutôt bien avec du travail de vitesse et d’allure.
Après une 2ème place sur la Foulée des Remparts et étant en début de prépa je suis plutôt confiant pour la suite.

Puis je devais faire un tour sur une autre course avant le départ de « la doyenne ». Mais le dernier mois fut compliqué avec le boulot. Pas beaucoup de sommeil et pas mal de nuits au travail. J’ai donc préféré être prudent et me faire de bonnes séances que de vouloir mettre un dossard au risque de ne pas récupérer correctement.

Il faut rappeler également qu’entre la SaintéLyon et moi c’est un peu une sale histoire. En 2013, je me déboite côtes et vertèbres en bricolant ma voiture et ce 10 jours avant le départ.

2014, je déclare forfait 2 semaines avant à cause d’une métatarsalgie.

En 2015, 1 petit mois avant je déclare forfait à cause d’un gros manque d’entraînement. Boulot oblige.

Et cette année à part un petit manque d’entraînement dans le dernier mois une fois de plus à cause du boulot, je n’avais pas trop à me plaindre. Pas de blessure et une envie de bien faire malgré tout.

J’arrive donc dans la dernière semaine sans bobo. Puis la guigne me rattrape. Rhume et rhino histoire de vouloir me mettre des bâtons dans les roues…

Mais ce n’était rien face au coup que nous allions prendre sur la tête.

Jeudi soir mon chien ne se porte pas bien. Notre Snoop du haut de ses 13 ans et demi n’est pas en forme.

Vendredi 2 décembre au matin il nous quittera. Un tel déchirement pour moi que je ne veux entendre parler de rien du tout.

 

 

Ma femme essaye tant bien que mal de me pousser à prendre le départ le lendemain.

Pour faire plaisir à je ne sais qui je vais tout de même récupérer mon dossard. Mais dans ma tête je ne pense pas y aller.

 

 

 

Bref, je passe la nuit comme je peux et le samedi matin après avoir parlementé je décide d’être de la partie. Histoire de penser à autre chose. Enfin je l’espère.
Je regagne donc Saint Etienne en train dans l’après-midi. Arrivé sur place et après avoir regardé le livetrail je me rends compte que mon dossard, le numéro 35, est inconnu et que mon nom ressort sous le numéro 7105… Quand je vous dit que la SaintéLyon ne veut pas de moi.

J’essaye tant bien que mal de téléphoner à droite et à gauche afin de trouver une solution mais rien à faire. Le problème sera malgré tout résolu à 23h30…

Mes parents et leurs amis me rejoignent sur place pour caler les ravitos. Et une fois tout programmé je file me changer avant de me lancer dans un petit échauffement.

Je sais que la course ne sera pas simple avec tous ces petits tracas. J’espère que la tête tiendra et les jambes également histoire de conjurer le mauvais oeil.

L’objectif à l’origine était la barre des 6h. Mais avec les événements un temps au tour des 6h20 me comblerait.

Dans le SAS Elite je retrouve quelques têtes connues.

23h40: le départ est donné. Comme d’habitude sur la SaintéLyon le rythme est élevé d’entrée. les relais sont devant puis suivent les favoris de la Solo.

 

 

Les jambes sont bonnes et les sensations le sont aussi. Je me cale sur une allure qui me semble correct pour ce début de course. La course sera longue et j’aimerai faire une grosse fin de course. Alors je garde du jus. Nous sommes entre 15km/h dans les petites ascension et 16-17 km/h sur les parties plates. Dans les petites descente avant Sorbiers le compteur affiche un peu plus de 20km/h.

Je suis dans un petit groupe avec Yann Nourry,  Yoann Dercourt, Yoann Stuck, Cédric Gazulla, David Jeker, Ludovic Pollet,…

Nous arrivons sur Sorbiers et nous apprêtons à découvrir un des nouveaux secteurs de cette édition. On oubli la route et à nous les sentiers.

Malgré le sol un peu boueux par endroit mes Adizero Boston Boost réagissent plutôt bien.

 

 

Cette première partie de parcours est plutôt montante pour regagner Saint Christo. Et dès les premiers gros pourcentages je décide de laisser un peu partir tout en gardant un petit trot. Le cardio reste dans une certaine zone de confort et pour le moment je préfère me la jouer prudent.

Dans les zones de replat je relance facilement sans forcer l’allure et je reviens rapidement sur des coureurs des relais et de la Solo.

De loin j’aperçois Saint Christo et après un rapide enchainement descente/montée j’arrive sur la fin de cette première partie.

 

 

00h50: 16km et 480m+ de parcourus en 1h08’30 ». Je passe à la 27eme place.

Ici marque la fin de course pour les premiers relayeurs. Je cherche mon assistance mais personne à l’horizon. Je décide de continuer un peu et aperçois un chapiteau marquant le lieu de ravito pour la Solo. Mon père est là et je prends à la volée ce qu’il me faut pour regagner Sainte Catherine.

Je m’alimente correctement car avec le froid les hypoglycémies peuvent tomber plus rapidement.

 

 

Je continu donc mon chemin qui sur cette partie est un poils plus technique que la première. C’est une succession de petits talus et descente mais avec quelques bons bouts de plats où il faut savoir courir vite.

J’ai parfois l’impression de revenir sur le groupe de Yoann Stuck, que je n’apercevais plus jusqu’à présent.

Je gère toujours mon allure et ne m’occupe que de moi. Sur les parties hautes la route commence à geler. si bien que j’emprunte les bords de routes pour ne pas glisser autant en montée qu’en descente.

J’arrive dans la dernière descente avant Sainte Catherine et je sais qu’il y a pas mal de cailloux. Je l’emprunte donc prudemment pour ne pas me mettre sur le toit. Je bois ce qu’il me reste de mes flasks et arrive donc à la fin de cette 2ème partie.

01h50: 2h09’06 » de course. 28km pour 780m+. Je suis 22ème. Ici il y a foule. c’est un peu la foire. Je prends à gauche pour accéder à la partie Solo. Je cherche la famille pour le ravito mais rien à l’horizon.

Je suis à la sortie du ravito et toujours personne. j’hésite à faire demi-tour et me servir pour la prochaine section. Puis je ne sais pour qu’elle raison, je me dis qu’ils doivent être en retard et qu’ils doivent être dans le centre de Sainte Catherine. Je pousse donc jusque là-bas. Mais toujours personne et je suis à sec avec seulement un gel de secours.

Je continu donc en pestant. Puis je me fais une raison pour ne pas me perdre dans de mauvaises pensées et resté positif.

De Sainte Catherine je relis Saint Genou. Au détour d’un petit chemin je croise une spectatrice et lui demande un peu d’eau. Heureusement elle en a. Elle me remplie une flask et je la remercie avant de repartir illico. il me reste un gel et je préfère attendre un peu pour le prendre.

J’arrive sur la célèbre descente du Bois d’Arfeuille. Une nouvelle fois je ne prends pas de risque pour ne pas anéantir ce rêve de passer la ligne d’arrivée pour une fois. Surtout que les sensations sont bonnes aujourd’hui et que je suis dans des temps de passages pouvant m’emmener en 6h à Lyon voir même un peu moins.

Vient une nouvelle nouveauté de cette édition. La côte de Rampeau que je commence sur un petit trot avant de commencer à marcher vu la difficulté. Il faut aussi dire que je commence à accuser le coup.

 

 

Je décide donc de prendre mon gel de secours. Nouvelle erreur car j’arrive au ravito de Saint Genou.

2h50: 3h10’35 » plus tard et 39km dans la besace et 1100m+ .Je fais le pleins de mes flasks et hésite donc à manger. Avec le froid j’ai peur de rajouter du sucre à l’estomac et de voir mon système digestif bloqué par la suite.

Je décide donc de repartir en pensant qu’en réduisant un peu l’allure je devrai pouvoir regagner Soucieu sans problème.

Les jambes sont toujours bonnes. Et je quitte le ravito à la 21ème place en ayant toujours de bonnes jambes même si j’ai dû baisser un peu le rythme. Dans ma tête je me vois déjà arriver sur Beaunant et accélérer l’allure à partir de la montée de l’aqueduc. Dans ma tête c’est comme si j’étais programmé pour attendre ce point redouté par certains et incontournable.

Jusqu’à Soucieu le profil est plutôt descendant donc rien de méchant. Normalement… Je commence à ressentir une baisse de régime. Du coup je commence également à me refroidir un peu. Puis d’un coup plus de jus. Rien. Walou! je suis sur un faux plat descendant mais même là je ne peux plus courir. Je suis à l’arrêt complet. Je suis congelé et un terrible cercle vicieux se met en place. J’essaye d’avoir quelques infos par les coureurs me rattrapant afin de déterminer ce qu’il me reste à parcourir jusqu’au ravito. Et c’est de pire en pire. Je vois flou, je titube et j’essaye de me réchauffer comme je peux à l’aide de ma couverture de survie. Voilà presque 30′ que je marche. Puis je vois des maisons, j’apperçois une route. Mais je m’écroule au sol. Plus de jus. Des bénévoles viennent me récupérer et me conduisent au ravito où mes parents m’attendent.

 

 

Abandon au 50ème km. Je suis dépité. J’ai envi de pleurer repensant à tous ces moments de galères. Je suis littéralement frigorifié.

Nous regagnons la voiture et m’habille un peu pour me réchauffer. J’ai envi de me laissé mourir. Je suis sec.

A chaud je ne préfère pas faire de bilan.

A froid je reconnais mes erreurs. Même si mes parents n’ont pas pu accéder au ravito de Sainte Catherine à cause d’un mauvais aiguillage d’un bénévole, j’aurais dû garder mon sang froid et accepter de perdre 5′ au ravito pour faire le plein de liquide et surtout de solide. Avec cette réaction de ma part j’aurais pu, sans doute, terminer cette édition. Et c’était plutôt bien parti étant toujours dans des temps de passages pour arriver en 6h voir moins. Ce qui signifiait un Top20 voir 15 sur « la doyenne ». Mais avec des si…

Au moins je garderai en tête cette erreur et espère ne jamais la reproduire.

Pour l’heure, le temps est au repos malgré que je n’ai pas fini cette SaintéLyon. Une coupure qui fera du bien autant physiquement que mentalement. Et vu qu’en ce moment je n’ai pas trop la tête à courir ça tombe plutôt pas mal.

J’en profite donc pour faire le contrôle technique de la machine histoire d’être sûr de repartir dans de bonnes conditions.

Après, ce sera fartage, ski de fond, renforcement musculaire… Il y a une Transjurassienne à préparer pour février. 68km de ski de fond ça ne se prend pas à la légère.

De quoi faire du foncier pour préparer la saison trail 2017 qui s’annonce pas mal apparemment.

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6 réactions sur “SaintéLyon 2016: quand ça veut pas…

  1. Bravo quand même car après cette semaine pourrie que tu as eu, prendre le départ c’était déjà une victoire. Puis pour St Catherine, putain qu’on s’en ai voulu…..mais bon c’était écrit que c’était une semaine de merde. Belle photo de Snoop on pense bien à lui aussi…….. Repose toi bien et suite aux prochaines aventures Bizz

  2. La plus grosse erreur c’est moi qui l’ai commise. Je me serais arrêté au ravito ne vous voyant pas j’aurais perdu 5′ mais je n’aurais pas abandonné, du moins pas sur une hypoglycémie.
    Mauvaise gestion de ma part. Ca me servira de leçon.
    Et oui déjà une semaine qu’il n’est plus avec nous. A chaque fois que j’arrive au salon j’ai l’impression que je vais le trouvé sur le canapé…et l’engueuler.
    😉

  3. Sur le fil la prépa physique et mentale, rajouté à çà le mauvais choix côté ravito et le froid.. et le fil de la SaintéLyon déjà très tendu s’est cassé net et tu l’as pris pleine poire 😦 Vraiment dommage..
    Tourner la page 2016, recharger les accus et pleines de belles courses à courir de plaisir à venir !!!

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